Le prêche du 23 mars 2025
La vie n’a qu’un but : apprendre à redevenir poussière.
Mes bien chères sœurs, mes bien chers frères,
C’est le printemps ! Ce matin, ma maîtresse, son amant et moi avons des projets audacieux, alors je serai brève.
Je suis désolée, au risque de vous couper l’appétit, aujourd’hui, je vous propose le vrai visage de la civilisation : voici en image et dans sa superbe, l’homme le plus puissant de la planète Terre.
Le méritons-nous ? Et pourquoi pas ?
Je croise tous les jours des gens, sympathiques au demeurant, qui se donnent un mal de singe pour ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, et surtout ne rien faire.
Est-il raisonnable d’éviter avec soin de s’avouer que nous sommes nés dans un monde de merde ? Est-il raisonnable de dissoudre sa conscience dans la vacuité d’une vie d’apathique ?
Est-il raisonnable de courir après des biens positionnels ridicules ?
Est-il raisonnable de s’égarer à la simple idée que nous allons mourir ?
J’ai personnellement répondu à ces questions dans le seul intérêt de servir ma joie. La raison nous mène à l’évidence : la vie n’a qu’un but, apprendre à redevenir poussière.
Une question pourtant demeure. Le vivant a pris son temps ; cellule après cellule, la diversité s’est répandue dans tous les interstices de la planète ; sophistication après sophistication, la complexité s’est insinuée dans les êtres, jusqu’à cette sorte d’aboutissement structurel : l’humain.
Force est de constater que l’évolution biologique du vivant aboutit à un désastre, et que ce désastre va sans doute révoquer tout l’édifice. Pourquoi ? Même si j’apprécie le comique de la situation, je ne parviens toujours pas à répondre à cela.
Mes bien chères sœurs, mes bien chers frères, n’oubliez pas de rire de notre propre médiocrité, en humant l’entêtant parfum des premières fleurs.
Bertine