
Le prêche du 23 février 2025
La foi est ce qui reste lorsqu’on a tout ôté.
Mes bien chères sœurs, mes bien chers frères
Ce dimanche, je désire vous exposer un cas d’école, puisqu’il s’agit justement d’une institution catholique. On commence à y être habitué : une institution catholique est synonyme de violences physiques, morales et, bien évidemment, sexuelles.
Dans notre cas, nous avons cinq forces en présence : les bons pères, les éducateurs laïques, les parents d’élèves, les politiques et, enfin, surtout, les élèves.
Les bons pères
Évidemment, ils ont tellement pris l’habitude de tout nier en bloc et de mentir éhontément qu’on peut douter de cette foi qu’ils prétendent abriter sous leur soutane. Moi, je sais bien ce qu’il y a sous leur soutane, ils me l’ont assez montrée.
Ils sont tellement rongés par des pulsions sadiques et sexuelles qu’on est en droit de se demander s’ils n’ont pas choisi ce métier simplement pour se rapprocher de leurs victimes. Vous pensez : une institution pleine d’adolescence, autant dire qu’ils sont dans leur élément.
Par leurs mensonges incessants, les religieux prêtent le flanc à la calomnie ; on peut donc raconter n’importe quoi à leur sujet, ça a toujours une chance d’être vrai. Dès lors, leur engagement est réduit à néant.
Satan ricane de leur folie.
Les éducateurs laïques
Il y a des gens normaux parmi eux, comme cette prof qui s’est fait virer pour avoir dénoncé auprès de sa hiérarchie des actes de violence ; savourons ici l’ignominie de la chaîne de causalité menant à l’éviction de cette pauvre femme…
Il faut comprendre qu’il y a ceux qui ne veulent pas d’ennuis. Pour eux, fermer sa gueule est un passe-partout, une garantie de pouvoir durer, s’élever socialement. Ils savent que leur silence est criminel, alors ils étouffent les rumeurs, flinguent les effarés autant qu’ils peuvent.
Enfin, il y a les déjantés, ceux qui ont, sans doute, raté leur entrée dans les ordres. Bigots malsains, convaincus des vertus du dressage, ignorants des principes de l’éducation, ils n’en pincent pas moins pour la chair fraîche et les délicieux frémissements que procure la violence infligée.
Satan ricane de leur folie.
Les parents d’élèves
Moi, je ne veux pas les accabler. Le boulot harassant, le trouillomètre dans le rouge, l’incompréhension à tous les étages, tout leur échappe aux parents d’élèves. Je peux vous repasser la séquence où le gosse essaye d’expliquer à ses vieux, qui bossent comme des tarés pour lui payer son internat, qu’aujourd’hui, son directeur de conscience l’a violé.
Satan ricane de leur folie.
les politiques
Un élu proche a mis ses enfants dans cette institution, sa femme y a travaillé également. Il n’a jamais entendu parler du moindre abus…
Nous sommes face à un cas de conscience difficile : faut comprendre un élu, il a son mandat pour s’en foutre plein les fouilles ; s’il dénonce ou reconnaît de tels actes, il risque de perdre des appuis, des électeurs. Manifestement, ayant fermé sa gueule hier, il n’a d’autre choix que de dire qu’il n’était pas au courant et de passer aujourd’hui pour un con. C’est pas facile, la vie d’un politique.
Satan ricane de leur folie.
Les élèvent
On parle d’une centaine de victimes déclarées. À ceux-là vont toutes mes pensées.
Les poings serrés, la peur au ventre, ils affrontent la folie du monde adulte en fermant leur gueule, entre les hurlements. Ils ne s’en remettront jamais. De quoi ? Des coups ? Des attouchements ? De la douleur ? Ou de l’énorme consensus qui les étouffe dans un silence assourdissant ?
Ils n’ont plus que le vide sous leurs pieds ; seuls la défonce, les abus de toutes sortes, le suicide ou l’asile d’aliénés viendront les soulager. Parfois, certains le découvrent : la foi est ce qui reste lorsqu’on a tout ôté.
Face à ceux-là, Satan cesse de ricaner.
Allez en paix, mes sœurs, mes frères, vous bourrer la gueule au bistrot d’en face, oublier que l’humanité est définitivement damnée.
Bertine