
Le prêche du 16 février 2025
Du fond de la cour d’école, tout le monde le sait.
Mes bien chères sœurs, mes bien chers frères
Ce dimanche, je pose la question : qu'ont les femmes à gagner face à la caricature du masculinisme ?
Je devance les cancres postés au plus près de la porte de la maison du Seigneur pour filer au bistrot d’en face le plus vite possible (j’ai viré les virgules pour gagner du temps) : c’est quoi, le masculinisme ?
Réactionnaire, misogyne, androcentré et antiféministe, nous dit ce bon vieux Wikipédia. Des mots bien compliqués pour décrire le vide intersidéral de la pensée masculiniste. Certains parlent de déclinisme, c’est plus subtil.
Mais, du fond de la cour d’école, tout le monde le sait : le masculinisme revendique la supériorité de celui qui pisse le plus haut. C’est l’homme version -1.0, plus bas et plus vil qu’un primate, plus obtus qu’une brique.
À l’heure de l’intelligence artificielle, émerge donc le crétin naturel : le « Biocon ».
Avec mes copines et l’aide de monsieur l’abbé, nous avons voulu faire un test comparatif. Comme ça coûte la peau des yeux, mais que monsieur l’abbé a des relations, nous nous sommes fait prêter le nec plus ultra de la technologie nippone : un Cybercum 2.0.
Un truc de dingue, tout en latex et titane. Très vite, il a pris en main les services de la maison. Il fait tout, sauf les courses. Comprenez, on ne voudrait pas faire jaser : quelques bonnes sœurs et un robot plutôt mignon… Les gens sont si méchants.
Bref, en cuisine, il est top. Il nous a fait des plats merveilleux, un service impeccable et la vaisselle sans rien ébrécher. Et puis, avec son tablier blanc et sa langue à poussière, il est vraiment craquant.
Sœur Loubianca, qui est un peu coquine, a obtenu du technicien qu’il lui implante le module Roméo 6.3. Une tuerie. Maintenant, il chante La Traviata en essuyant la vaisselle, nous déclame des poèmes de Baudelaire, nous lit les Pensées de Pascal, et tout ça sans une note ni un bouquin : il connaît tout par cœur.
Enfin, délice suprême : il maîtrise 250 techniques de massage différentes, dont une qui, ma foi, nous a beaucoup plu…
Pour parachever notre test, nous sommes descendues au PMU du coin pour prélever un échantillon humain : un biocon encore jeune, avec les tablettes de chocolat comme aiment les pétasses sans cervelle, et nous l’avons ramené à la maison. Quelle déception…
C’est vrai qu’à l’achat, c’est pas cher, c’est même gratuit, mais alors, pardon… un désastre. Il a commencé par demander où était le canapé et la télé. Il ne voulait pas rater la rencontre de foot du soir et a critiqué le fait qu’il n’y avait pas de bière au frigo.
Lorsque Sœur Martine lui a rétorqué – il sentait la transpiration, avec une mauvaise haleine – qu’il aurait juste le temps de se laver avant de préparer le dîner, il a répondu un truc vraiment vulgaire, du genre : laquelle d’entre nous allait venir avec lui dans le bain. Ça nous a contrites.
Après un repas préparé sans affect, nous lui avons demandé de nous faire la lecture. Il a sorti un bouquin appelé Mon combat, écrit par un certain Bardtoidela, président d’une officine de délinquants appelée le Front Bas National, si j’ai bien tout retenu. Il est clair que cet auteur sent de la tête, peut-être parce qu’il écrit avec des pieds sales qui ne sont pas forcément les siens. Allez savoir.
Finalement, comme on n’allait pas garder ça pour la nuit, moi et mon cran d’arrêt, nous l’avons raccompagné jusqu’au PMU.
Conclusion : les filles, laissez tomber les Biocons qui puent la bière, c’est has-been. Regroupez-vous et achetez un Cybercum 2.0, il abat un boulot de dingue.
Aller en paix, mes sœurs, mes frères, attendre dans la joie la livraison de votre Cybercum 2.0.
Bertine